12. De la physionomie

 

„ quasi toutes les opinions que nous avons sont prises par autoritŽ et ˆ crŽdit : lÕexemple de Socrate

           nous approuvons discours de Socrate pour la rŽvŽrence de lÕapprobation publique

           nous nÕapercevons les gr‰ces que bouffies et enflŽes dÕartifice

pour voir beautŽ dŽlicate et cachŽe, il faut vue nette et bien rangŽe

Socrate, le paysan, la femme : inductions et similitudes tirŽes des plus vulgaires actions des hommes

           Notre monde nÕest formŽ quՈ lÕostentation

Grandeur de Socrate : reprŽsente lՉme saine et non ŽlevŽe ou riche ; ramne du ciel la sagesse pour la rendre ˆ lÕhoe

Montre ˆ lÕhumaine nature combien elle peut dÕelle-mme

           On nous dresse ˆ lÕemprunt et ˆ la qute ; aviditŽ de lÕhoe incapable de modŽration

 

„ lÕappŽtit trop bouillant de la science

emplette hasardeuse : nous lÕavalons en lÕachetant

vĻu de pauvretŽ intellectuelle

Socrate nous apprend que la science est en nous

Suffisance au-delˆ de la naturelle est vaine et superflue

Les livres mÕont servi non tant dÕinstruction que dÕexercitation

Les grands hommes plein de science qui ont des tentations aussi Žtranges que leur rŽsistance /

les hommes ordinaires qui supportent doucement ce quÕils nomment doucement

 

„ texte Žcrit au temps de nos troubles

monstrueuse guerre qui agit contre soi et se dŽfait par son propre venin

lÕair de la licence qui sՎpand et pŽntre

quÕest devenu cet ancien prŽcepte que les soldats ont plus ˆ craindre leur chef que lÕennemi ?

           nos soldats deviennent plus licencieux

il ne se peut imaginer pire visage des choses quÕo la mŽchancetŽ vienne ˆ tre lŽgitime

JÕencourus les inconvŽnients que la modŽration apporte en telles maladies : suspicions muettes qui courent contre moi

Offense a sans mesure plus dÕaigreur que nÕa la perte

En temps ordinaires on se prŽpare ˆ des accidents modŽrŽs et communs/

En confusion actuelle tout homme franais se voit ˆ chaque heure sur le point de lÕentier renversement de sa fortune

JÕeus ˆ souffrir cette plaisante condition que la vue de ma maison mՎtait effroyable

Servir six mois de misŽrable guide ˆ caravane de ma famille

Tous les hoes indiffŽremment se prŽparent ˆ la mort ; pas dÕautre soin que celui des sŽpultures

 

„ La plupart des instructions de la science ˆ nous encourager ont + de montre que de force et dÕornement que de fruit

Ne pas sՎprouver en pensant aux maux les plus extrmes / en dŽcharger sa pensŽe

Nous troublons la vie par le soin de la mort et la mort par le soin de la vie

Mort est le bout et non le but de la vie

Les leons de la simplicitŽ : Socrate comme ma”tre de la simplicitŽ naturelle

Discours de Socrate au moment de son procs : nonchalante et molle considŽration de sa mort

Discours qui reprŽsente en une hardiesse inartificielle et niaise la pure et 1re impression et ignorance de nature

DiffŽrence crainte de la douleur /de la mort : mort est une partie de notre tre

Chevaux qui hennissent et cygnes qui chantent

Pas aisŽ de vivre et parler comme Socrate : extrme degrŽ de perfection ; lÕart nÕy peut joindre

 

„ lՎcriture des Essais

me reprocher dÕavoir donnŽ un amas de fleurs Žtrangres ­ je nÕentends pas quÕils me couvrent et me cachent

P‰tissages de lieux communs qui servent ˆ nous montrer et non ˆ nous conduire = ridicule fruit de la science

Nous autres naturalistes estimons quÕil y ait grande et incomparable prŽfŽrence de lÕhonneur de lÕinvention ˆ lÕhonneur de lÕallŽgation

Pas dÕautre science que celle de lÕinscience

JÕai choisi le temps o ma vie que jÕai ˆ peindre je lÕai toute devant moi

„ DŽpit que Socrate ait un corps si vilain, si disconvenable ˆ la beautŽ de son ‰me

rien de plus vraisemblable que conformitŽ et relation du corps ˆ lÕesprit

laideur superficielle /difformitŽ

BeautŽ = qualitŽ puissante et avantageuse

Ceux qui accusent les dames de contredire leur beautŽ par leurs mĻurs ne rencontrent pas toujours

Il y a des physionomies favorables                    

Je me laisse aller comme je suis venu, je ne combats rien

Raison qui redresse Socrate de son vicieux pli le rend obŽissant aux hoes et aux dieux

­ ruineuse instruction : persuader aux peuples que religion suffit sans les mĻurs : dŽvotion /conscience

On se fie ˆ moi ­ Socrate

ExpŽriences

Quidam qui chercha ˆ surprendre ma maison : mon visage et ma franchise lui arrachent trahison des poings

Je suis arrtŽ : dŽlivrance que je dois ˆ mon visage, ˆ ma libertŽ et fermetŽ de paroles

Si mon visage ne rŽpondait pour moi, je nÕeusse pas durŽ sans querelle et sans offense

Je ne hais personne, je suis l‰che ˆ offenser