Les transformations picturales à la fin du XIX° siècle :
(voir Jean Clay, L'impressionnisme, Hachette)


• Les objets et les paysages s'interpénètrent ; les composantes disparates de la réalité fusionnent dans la lumière

 

Renoir, La balançoire : 

 

Monet, Les NymphéasLes Nymphéas .


 

 

• Le tableau est de moins en moins un sujet profilé sur un fond et de plus en plus une organisation égalitaire de taches qui tendent vers la frontalité


            flou et  inachevé chez Renoir : notre nerf optique ne peut accommoder à la fois sur le proche et sur le lointainLa loge  ; La première sortie : 

 

    cathédrales de Rouen de Monet : l'objet du tableau non façade gothique mais jeu d'ondes qui l'habillent et la déshabillent sans relâche :   Cathédrale, plein soleil ; Portail temps grisPortail et  tour saint Romain plein soleil.

 

Juste après opération de la cataracte, peinture du  Pont japonais


 

•  La couleur conquiert son autonomie : elle  se libère d'une conception étroitement documentaire issue de la Renaissance ; on passe d'une couleur descriptive à une couleur indépendante. Mise en cause du concept de couleur locale : nous contemplons phénomène lui-même, canalisé par les soins de l'artiste, et non compte-rendu de ce phénomène à travers médiation d'un tableau.

Monet, Les coquelicots

Gauguin, Le cheval blanc ; Arearea.

 

Van Gogh, Autoportrait  ; La vigne rouge .


   


    • L'½uvre n'est plus un ensemble de formes qui s'équilibrent au sein de la toile, mais un morceau de nature qui se prolonge au-delà du cadre.

Artiste réduit ses ambitions : ne prétend plus dire la vérité totale d'un personnage, mais décrire un court moment de son existence ; espace limité et temps limité ; objets se présentent brusquement en gros plan : ½il les sélectionne et les décadre

Monet, La barque ; La pie ; Impression, soleil levant ; Gare saint Lazare ; Houses of Parliament ; Peupliers .

 

 

• Le peintre écrase la perspective et ramène l'espace vers la frontalité. Peinture qui s'identifie peu à peu à la frontalité de son support ; donner maximum d'informations sur l'objet quitte à enfreindre perspective monoculaire : Cézanne commence à se déplacer légèrement autour du motif.

Cézanne, Portrait de Vollard; Le Château noir ; Le Château noir
La Montagne sainte victoire ; Nature morte à l’assiette de cerises ; Nature morte .

 

 

• L' artiste sollicite le nerf optique du spectateur. Par l'organisation méthodique de ses couleurs il engage et perturbe notre système visuel pointillisme : c'est le spectateur qui en choisissant son recul, choisit la version du tableau qu'il veut voir.

Seurat, La grande Jatte ; Monet, les Dindons .