Thomassin

Traité de l'unité de l'Église et des moyens que les princes chrétiens ont employés pour y faire rentrer ceux qui en étaient séparés

 

 

CaractŹre de l'Église = unité que nous ne pouvons distinguer de la charité non plus que de la vérité. ExcŹs contre les personnes des hérétiques et injures détestées par les gens de bien p. 7 : « Ils jugeaient qu'elles ne procédaient en effet que d'une damnable cupidité : et quand ils ne pouvaient les empźcher, ils les toléraient avec beaucoup de douleur, persuadés que pour l'amour de la paix et de l'unité il faut souffrir beaucoup de choses que l'on condamne. » Il ne faut jamais séparer la moisson de l'ivraie.

p. 17-18 « Rien n'est plus invincible, rien de plus victorieux que la lumiŹre de la vérité et la douceur de la sagesse pour des esprits raisonnables. Mais il y a des entźtements qu'il faut briser par une puissance souveraine afin de faire rentrer ces esprits égarés en eux-mźmes et leur faire aprŹs cela goěter ą loisir les fruits de la sagesse et de la vérité. » Compassion et fermeté. Bienfaits ne sont efficaces que pour les Čmes bien nées ; Dieu se sert souvent d'adversités et de peines temporelles pour nous détacher de l'amour du péché ; douce violence qui renverse les empźchements ridicules qui ne nous font pas embrasser l'unité de l'Église. Quand il s'agit de religion on n'use ni de contrainte ni de commandement mais de persuasion ; bien des maniŹres de persuader : discours, raisons, promesses, menaces, peines douces.

p. 29 Modération de l'empereur Valentinien qui n'inquiéta personne et ne pencha pour aucune secte : « Cette image d'un prince indifférent pour toutes sortes de sectes chrétiennes et qui les balance toutes sans se déterminer ou sans déterminer ses sujets ą aucune en particulier plutôt qu'ą une autre ; cette image, dis-je paraĒt belle ą certains esprits, qui se plaisent ą se repaĒtre d'un libertinage de religion plutôt que d'une religion véritable. Car la religion ne peut źtre qu'une, non plus que la vérité ą qui elle s'attache. Flotter entre plusieurs sectes, c'est flotter entre la vérité et plusieurs mensonges et peut źtre entre plusieurs mensonges sans vérité. »

Vérité toujours une, mensonge s'accommode de la variété et de la multitude. La liberté qu'on donnera aux diverses sectes du christianisme ne sera qu'une horrible confusion de doctrines qui se détruiront et se détesteront les unes les autres. Constantin : exclure les hérétiques de tous les privilŹges + les soumettre ą de grandes peines (comme nous persuadons sagement et utilement bcp de bonnes choses aux enfants par de légers chČtiments).

p. 67 « Il ne faut pas s'étonner si les mźmes lois étaient si souvent réitérées. L'exécution en était souvent négligée par les magistrats, les évźques mźmes y apportaient du retardement, ou des modifications, pour gagner plutôt les ennemis de l'Église par la clémence ; enfin les empereurs mźmes touchés de compassion semblaient conniver ą ces désobéissances. Les donatistes se prévalaient de cette inexécution des lois et recommenćaient souvent ą outrager les catholiques. »

80 « Nous rendrions véritablement le mal pour le mal aux donatistes qui ont exercé sur nous tant de cruautés si nous nous contentions de les mépriser et de les tolérer, sans rien faire qui pět les effrayer et les corriger. Car si quelqu'un voyait son ennemi travaillé de la fiŹvre et de la frénésie s'aller jeter dans un précipice ne lui rendrait-il pas le mal pour le mal s'il le laissait courir ą la mort, plutôt que de le retenir par force et le faire lier ; quoiqu'il parět alors lui źtre le plus fČcheux et le plus contraire quand il lui serait le plus utile et le plus charitable ? »

Schismatiques ont toujours tort : pourquoi se séparer de la société des fidŹles de tout l'univers avec lesquels on a toujours vécu en communion puisqu'ą leur égard il ne pět y avoir de justes sujets de séparations ?

Divisions et nouvelles sectes toujours trŹs déraisonnables dans leur commencement

J.C. a fait violence ą Paul ; imposons silence aux contestations violentes des hoes et prźtons l'oreille ą la parole de Dieu.

Écriture ne cesse de décrire l'unité et l'universalité de l'Église.

Si toutes les sectes dans leurs premiers progrŹs ont semblé parfois imiter la rapidité des torrents, l'ont encore mieux imitée dans leur dissipation ; prévention et opiniČtreté détournent les peuples de l'Église universelle mais y reviennent sans peine et avec joie ?

Commencer par la séparation c'est rendre le mal irrémédiable

Plus on est bon et humble plus on a peine ą croire que les autres soient méchants et perfides