Nietzsche
Fragments Posthumes



  XI, 40  L’apparence, au sens où je l’entends, est la véritable et l’unique réalité des choses — ce à quoi seulement s’appliquent tous les prédicats existants et qui dans une certaine mesure ne saurait être mieux défini que par l’ensemble des prédicats, c’est-à-dire aussi par les prédicats contraires. Or ce mot n’exprime rien d’autre que le fait d’être inaccessible aux procédures et aux distinctions logiques : donc une « apparence » si on la compare à la « vérité logique » — laquelle n’est elle-même possible que dans un monde imaginaire. Je ne pose donc pas l’ « apparence » en opposition à la « réalité », au contraire, je considère que l’apparence c’est la réalité, celle qui résiste à toute transformation en un imaginaire « monde vrai » Un nom précis pour cette réalité serait « la volonté de puissance », ainsi désignée à partir de sa structure interne et non à partir de sa nature protéiforme, insaisissable et fluide.