MONTAIGNE
ESSAIS, III, 2
Construction




• Peindre un particulier bien mal formé

Les autres forment l’homme, je le récite.

Je ne peins pas l’être je peins le passage. Accommoder mon histoire à l’heure

 

• Chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition

Je me peins par mon être universel, comme Michel de Montaigne

 

Si le monde se plaint de quoi je parle trop de moi, je me plains de quoi il ne pense pas seulement à soi

Nul ne connaît mieux son sujet que je ne connais celui que j’ai entrepris

Pour parfaire ma besogne je n’ai besoin d’y apporter que de la fidélité

Nous allons conformément et tout d’un train mon livre et moi

 

 

 

 

 

 

Je me repens rarement

 

Ma conscience se contente de soi

Vice véritablement vice offense

Vice laisse un ulcère en la chair qui s’ensanglante ; raison efface autres douleurs mais engendre repentance

Critères du vice et de la vertu : ce qui est condamné par raison, nature, usage

Témoignage de la conscience fonde la vertu et non approbation des autres

J’ai mes lois et ma cour pour juger de moi et m’y adresse plus qu’ailleurs

 

La repentance suit de près le péché ?

Faux pour tout péché qui loge en nous comme en son domicile

Repentir n’est qu’une dédite de notre volonté : peut faire désavouer vertu et continence

 

Vie exquise qui se maintient en ordre jusques en son privé

Vies retirées soutiennent devoir autant ou plus âpres que les autres

Prix de l’âme ne consiste pas à aller haut mais ordonnément

 

• On n’extirpe pas qualités originelles : on les couvre, on les cache

Montaigne et le latin

Retraite plein de corruption et d’ordure, pénitence malade

Contre exemple : le larron                                       

Je marche tout d’une pièce

Accidentel repentir que l’âge apporte est détestable

C’est le vivre heureusement et non le mourir heureusement qui fait l’humaine félicité

 

Je soutiens tant que je puis, mais je ne sais enfin où la vieillesse me mènera moi-même