HOBBES, DU CITOYEN

"Il ne fait aucun doute que les deux formules sont vraies : l'homme est            
un dieu pour l'homme,
et l'homme est un loup pour l'homme."                       
Du Citoyen
, Épître dédicatoire.              

Hobbes,
                  Leviathan


Plan du cours


I. Le citoyen et la question de la fondation
1. Critique de deux mauvaises fondations du droit
        a. la fondation naturelle du droit : Aristote
        b. la fondation du droit sur la religion : le problème du théologico-politique
2. L'urgence de la question de la fondation : la situation anglaise au XVIIème siècle
3. La fondation de Hobbes : une fondation artificielle reposant sur une analyse anthropologique

II. La structure du livre
1. Épître dédicatoire et préface
2. Les trois parties
        a. liberté
        b. souveraineté
        c. religion

III. Le travail de la colle : un exemple : début de l'épître dédicatoire




Lectures complémentaires

• Hobbes critique constamment la conception aristotélicienne de l'homme comme animal politique. Pour comprendre ces critiques, il faut lire ce passage des Politiques d'Aristote : livre I, fin du chap. 2



Travail :

Pour le 11 septembre, construction d'un passage du chapitre 2 du Léviathan :

Que, quand une chose se trouve au repos, à moins que quelque chose d'autre ne la mette en mouvement, elle reste à jamais au repos, c'est une vérité dont personne ne doute. Mais que, quand une chose est en mouvement, elle reste éternellement en mouvement, à moins que quelque chose ne l'arrête, bien que la raison soit la même (c'est-à-dire que rien ne peut changer par soi-même), cela n'est pas aussi facilement admis. Car les hommes mesurent non seulement les autres hommes, mais toutes les autres choses à partir d'eux-mêmes , et parce qu'après un mouvement, ils se trouvent eux-mêmes sujets à la souffrance et à la lassitude, ils pensent que toute chose se fatigue du mouvement et cherche par elle seule le repos, ne considérant pas si ce n'est pas en quelque autre mouvement que consiste ce désir de repos  qu'ils trouvent en eux-mêmes. C'est de là que les écoles disent que les corps lourds tombent vers le bas par un appétit le repos et la conservation dans ce lieu qui leur est propre, attribuant de façon absurde des appétits et la connaissance de ce qui est bon pour leur conservation (ce qui est plus que ce que l'homme a) à des choses inanimées.

Une fois qu'un corps est en mouvement, il se meut (à moins que quelque chose d'autre ne lui fasse obstacle) éternellement, et quel que soit ce qui lui fait obstacle, il est impossible, en un instant, d'y mettre fin, mais il faut du temps, et que cela se fasse par degrés. Il se passe, dans ce mouvement qui se fait dans les parties intérieures de l'homme lorsqu'il voit, qu'il rêve, etc., quelque chose de comparable à ce que nous voyons dans l'eau, même si le vent s'arrête, quand les vagues, longtemps encore après, continuent  de rouler. Car après que l'objet a été enlevé, ou l'œil fermé, nous conser­vons encore une image de la chose vue , quoique plus obscure que quand nous la voyons. Et c'est ce que les Latins nomment, en se fondant sur l'image produite dans la vision, imagination , et ils appliquent le mot, quoiqu'improprement, à toutes les autres sensations. Mais les Grecs la nomment phantasme, ce qui signifie apparition, terme qui est aussi approprié à l'une des sensations qu'aux autres. L'IMAGINATION, donc, n'est rien d'autre qu'une sensation qui se dégrade, et on la trouve chez les hommes et de nombreuses autres créatures vivantes, aussi bien dans le sommeil que dans la veille.