Commentaire philosophique sur ces paroles de JŽsus-Christ, Contrains-les d'entrer, o l'on prouve par plusieurs raisons dŽmonstratives qu'il n'y a rien de plus abominable que de faire des conversions par la contrainte : et o l'on rŽfute tous les sophismes des convertisseurs ˆ contrainte et l'apologie que St Augustin a faite des persŽcutions.

 

 

Discours prŽliminaire qui contient plusieurs remarques distinctes de celles du Commentaire.

¥ Il est arrivŽ au mot de convertisseur la mme chose qu'ˆ celui de tyran et de sophiste :

Ç il devait originellement signifier une ‰me vŽritablement zŽlŽe pour la vŽritŽ et pour dŽtromper les errants, mais il ne signifiera plus qu'un charlatan, qu'un fourbe, qu'un voleur, qu'un saccageur de maisons, qu'une ‰me sans pitiŽ, sans humanitŽ, sans ŽquitŽ, qu'un homme qui cherche ˆ expier en faisant souffrir les autres, ses impudicitŽs passŽes et ˆ venir et tous ses dŽrglements È 

Ç il signifiera un monstre moitiŽ prtre et moitiŽ dragon qui comme le centaure de la fable rŽunissait en une mme personne l'homme et le cheval, confond en un seul supp™t les personnages diffŽrents de missionnaire qui dispute et de soldat qui bourrelle un pauvre corps et qui pille une maison. È enseigne du convertisseur.

¥Arguments enfantins des catholiques disant qu'ils ont la vŽritable ƒglise et que les protestants sont des rebelles ; argument des protestants disant que l'ƒglise romaine est une inf‰me prostituŽe autoriserait encore bien plus la persŽcution.

Lois d'Angleterre contre les papistes ne sont absolument pas justifiŽes par la fausse religion des papistes considŽrŽe comme telle : Ç Je crois que la justice de ces lois n'est fondŽe que sur ce qu'ils ont des dogmes incompatibles avec le repos public d'un royaume o ils ne dominent pas, comme, qu'il faut contraindre d'entrer les hŽrŽtiques ; qu'un roi hŽrŽtique ne doit pas tre obŽi etc. car je veux qu'il y ait des particuliers qui ne croient pas que l'obŽissance ˆ un roi hŽrŽtique soit mauvaise ; il suffit que chaque particulier le puisse croire comme un dogme vŽritable, et plus gožtŽ ˆ Rome, et plus conforme ˆ l'esprit de plusieurs conciles, que le sentiment opposŽ ; cela, dis-je, suffit pour qu'on ne se fie jamais ˆ des sujets catholiques qu'ˆ bonnes enseignes, d'autant plus qu'ils introduisent clandestinement dans le pays des moines et des Žmissaires de la cour de Rome, qui cherchent toutes les occasions de brouiller et de faire tomber la souverainetŽ sur des ttes de leur religion, aprs quoi ils ne parlent que d'abattre les ttes de l'hydre infernale de l'hŽrŽsie, et de sacrifier ˆ cela toutes les promesses faites au contraire. È Il y aurait une imprudence trs criminelle dans cette nation ˆ ne pas se prŽcautionner contre les papistes.

¥ Contrainte que les convertisseurs croient pouvoir faire chrŽtiennement ˆ la conscience leur permet de faire mourir des personnes qui ne font aucun tort ˆ l'ƒtat ni ˆ leur prochain, et qui ne font nulle autre faute que de ne pas croire par respect pour Dieu ce que d'autres croient aussi par respect pour Dieu.

 

Premire partie

2. Adoration principale que l'homme doit ˆ Dieu consiste en des actes de l'esprit : Ç car si nous concevons qu'un roi ne regarderait point comme un hommage fait ˆ sa personne, par des statues, la situation o le vent les poserait en les faisant tomber par hasard lorsqu'il passerait, ou bien la situation ˆ genoux dans laquelle on mettrait des marionnettes, ˆ plus forte raison doit-on croire que Dieu qui juge sžrement de toutes choses, ne conte point pour un acte de soumission et de culte, ce qu'on ne fait pour lui qu'extŽrieurement. È

 seule voie lŽgitime d'inspirer la religion est de produire dans l'‰me certains jugements et certains mouvements de volontŽ par rapport ˆ Dieu. Contraintes ne font rien pour Dieu : nouvelles pensŽes qu'elles font na”tre se terminent toutes ˆ craindre les persŽcuteurs et ˆ vouloir conserver les biens temporels qu'ils menacent d'™ter. contrainte peut fort bien inspirer des actes externes qui sont hypocrisie et mauvaise foi ou rŽvolte contre la conscience.

 

 

5.  Ç absolument, universellement, et dans les idŽes Žternelles de Dieu, rgle primitive, originale et infaillible de la droiture, c'est un pŽchŽ trs criant que de faire semblant d'tre chrŽtien, lors que la conscience nous montre que la religion chinoise, que nous abjurons extŽrieurement, est la meilleure de toutes ; ainsi cet empereur [de Chine] ne se pourrait empcher d'Žloigner ces missionnaires, sans exposer ses sujets ˆ la tentation presque insurmontable de commettre le plus grand de tous les crimes et sans s'y exposer lui-mme È

 

Seconde partie. Contenant les objections qu'on peut faire contre ce qui a ŽtŽ prouvŽ ci-dessus.

1. 1re obj. On n'use point de violence afin de gner la conscience, mais pour rŽveiller ceux qui refusent d'examiner la vŽritŽ. Illusion de cette pensŽe. Examen de ce qu'on appelle opini‰tretŽ.

Ç S'il s'agissait de terminer un diffŽrend de trois Žcus entre deux laquais, on ne trouverait pas bon qu'on leur donn‰t un arbitre qui fžt en colre contre l'un d'eux ou qui espŽr‰t quelque service de l'un d'eux, ou qui en craign”t le ressentiment ; et ici o il s'agit de la plus grande gloire de Dieu, et du salut Žternel de l'‰me, on veut bien que les arbitres qui doivent juger qui a tort ou qui a raison des catholiques et des protestants, aient l'‰me pleine de ressentiments, de cupiditŽ, d'espŽrances et de peurs mondaines : on veut qu'un homme qui pse les raisons de part et d'autre, au lieu d'appliquer toutes ses lumires ˆ cet examen, soit distrait d'un c™tŽ par la vue prochaine de sa famille ruinŽe, exilŽe, enclo”trŽe, de sa propre personne dŽgradŽe de tout honneur, tourmentŽe par les soldats, enfermŽe dans un noir cachot ; et de l'autre par l'espŽrance de plusieurs biens tant pour lui que pour sa famille. È

Pb de l'opini‰tretŽ : est-ce que cela signifie qu'un homme qui persŽvre dans ses erreurs aprs qu'on l'en a convaincu mŽrite d'tre traitŽ sans quartier ? Ç Ë la bonne heure, je m'intŽresse fort peu ˆ la tolŽrance d'un tel personnage, qui en effet n'en mŽrite point ; car puisqu'il persŽvre contre le dictamen de sa conscience dans la profession d'une opinion, c'est une marque infaillible qu'il y a de la malice et du caprice dans son fait, et qu'il n'a pour but que de faire dŽpit ˆ son prochain, et pour ainsi dire de faire bouquer ses supŽrieurs qui travaillent ˆ son changement. È Pb : impossible pour le convertisseur de savoir s'il a vraiment convaincu cet homme de ses erreurs. Nous sommes Ç sans aucun moyen de discerner la constance d'avec l'opini‰tretŽ que par la pŽtition de principe, et parce qu'il nous pla”t de donner de beaux noms ˆ ce qui nous appartient, et des noms inf‰mes ˆ ce qui convient aux autres. È

 

 

5. Ç Ne pas tolŽrer ceux qui ont certains sentiments en matire de religion, et qui les enseignent aux autres, emporte certaines peines contre ceux qui les enseignent, et il faut que ces peines soient Žtablies par l'autoritŽ du magistrat. Il faut donc que les souverains aient le droit de commander ˆ leurs sujets de croire certaines choses, et d'avoir une telle conscience plut™t qu'une autre ; car s'ils n'avaient point ce droit, ils ne pourraient pas soumettre ˆ des peines ceux qui n'auraient pas des choses les mmes idŽes qu'eux. Si donc il se trouve qu'ils n'aient pas ce droit-lˆ, il s'ensuit qu'ils ne peuvent pas ordonner ces peines, et nŽanmoins tous ceux qui ne tolrent pas certaines sectes, ordonnent des peines contre elles ; ils font donc une choses sans droit et sans raison, et par consŽquent la non-tolŽrance est contraire au droit et ˆ la raison, puisque nous avons montrŽ ci-dessus, que les hommes qui font des lois par rapport ˆ la conscience excdent manifestement leur pouvoir, et les font sans autoritŽ, d'o il s'ensuit qu'elles sont absolument nulles. È

Cependant exception : Ç les souverains ayant un droit essentiel et inaliŽnable de faire des lois pour la conservation de la rŽpublique et de la sociŽtŽ ˆ laquelle ils commandent peuvent ordonner sans distinction que tous ceux qui troubleront le repos public, par des doctrines qui portent ˆ la sŽdition, au vol, au meurtre, au parjure seront punis selon l'exigence des cas ; et ainsi toute secte qui s'en prend aux lois des sociŽtŽs et qui rompt les liens de la sžretŽ publique, en excitant des sŽditions et en prchant le vol, le meurtre, la calomnie, le parjure, mŽrite d'tre incessamment exterminŽe par le glaive du magistrat. È

Combattre des erreurs ˆ coup de b‰tons est tout aussi absurde que de vouloir prendre des bastions avec des harangues et des syllogismes. On a toute raison de se mŽfier des papistes ; rglements pour qu'on ait rien ˆ craindre de leurs machinations (mais ne pas les inquiŽter dans la jouissance de leurs biens ou dans l'exercice domestique et privŽ de leur religion. Ç ce n'est pas ˆ la faussetŽ des opinions qu'il faut prendre garde quand on veut savoir si elles doivent tre tolŽrŽes dans un ƒtat, mais ˆ l'opposition qu'elles ont ˆ la tranquillitŽ et ˆ la sžretŽ publique. È Un parti qui s'il Žtait le plus fort ne tolŽrerait point l'autre mais le violenterait dans sa conscience ne doit point tre tolŽrŽ.

On doit instruire ceux qui errent mais leur laisser la libertŽ de dŽclarer qu'ils persŽvrent dans leurs sentiments ; pas essentiel ˆ la libertŽ de conscience d'avoir des temples et le droit de faire des processions dans la rue ; il suffit d'avoir la permission de s'assembler pour cŽlŽbrer l'office divin et de raisonner modestement en faveur de sa crŽance. Toute loi qui interdit ˆ une nouvelle religion de pŽnŽtrer dans un ƒtat, qui exclut les nouveaux Žclaircissements ou les progrs, qui Žtablit des peines contre ceux qui enseignent quelque chose contre la religion dominante = 3 degrŽs de violence. Quant au supplice de Servet = tache hideuse des premiers temps de la rŽformation, dŽplorable reste du papisme.

 

6.

Ce que nous appelons blasphme ou sacrilge = avoir sur les manires de parler de Dieu honorablement d'autres idŽes que nous. PersŽcuteurs qui punissent un hŽrŽtique trouvent Ç qu'il dit de Dieu certaines choses qu'ils jugent injurieuses ; mais quant ˆ lui il ne les dit que parce qu'elles lui paraissent respectueuses, et que le contraire lui semblerait injurieux ˆ Dieu. Il n'y a rien ˆ dire contre lui, si ce n'est qu'il doit mieux s'informer des manires de parler de Dieu, qui paraissent honorables dans la Cour cŽleste. Mais s'il rŽpond qu'il s'en est informŽ tant qu'il a pu et que ce n'est qu'aprs toutes les perquisitions possibles qu'il s'est fixŽ ˆ telles manires d'honorer Dieu, et qu'eux qui les traitent de blasphmes, lui paraissent si mal instruits de la vŽritŽ, qu'il ne doute point qu'ils n'aient pris l'un pour l'autre et qu'il s'estimerait blasphŽmateur s'il parlait comme eux ; s'il leur rŽpond dis-je cela, ne leur doit-il pas fermer la bouche, ˆ moins qu'ils ne le puissent convaincre d'exposer faux, ce qui n'est possible qu'ˆ Dieu È 

Ç Il est clair que c'est ˆ Dieu seul ˆ punir celui qui se trompe, et il ne tombera jamais dans un esprit juste qu'il punira le mauvais choix involontaire, je veux dire qui ne dŽpend pas d'aucun mauvais usage que l'on ait fait malicieusement de son esprit pour mal choisir È

. Ce serait une belle chose que tous les hommes ou que du moins tous les chrŽtiens fassent la mme profession de foi : Ç Mais comme c'est une chose plus ˆ souhaiter qu'ˆ espŽrer, comme la diversitŽ d'opinions semble tre un apanage insŽparable de l'homme, tandis qu'il aura l'esprit aussi bornŽ et le cÏur aussi dŽrŽglŽ qu'il l'a, il faut rŽduire ce mal au plus petit dŽsordre qu'il sera possible ; et c'est sans doute de se tolŽrer les uns les autres, ou dans une mme communion si la qualitŽ des erreurs le souffre, ou du moins dans les mmes villes È

 

 

10. Preuves que la fausse conscience peut disculper ceux qui la suivent, quoiqu'elle ne le fasse pas toujours.

Ds que l'erreur est ornŽe des livrŽes de la vŽritŽ, nous lui devons le mme respect qu'ˆ la vŽritŽ. S'il Žtait vrai que Dieu ežt commandŽ d'Žtablir la vŽritŽ par le fer et par le feu, il y aurait des hŽrŽtiques qui persŽcuteraient ˆ fer et ˆ feu la vŽritŽ, sans tre coupables.

Un roi qui ordonne ˆ tous les juges de son royaume de punir les criminels et d'absoudre les innocents, les autorise par cela mme ˆ punir tous ceux qui leur para”tront criminels et ˆ absoudre tous ceux qui leur para”tront innocents (bien sžr ce qui leur appara”tra aprs un bon examen).

Ç ÉDieu n'a pas imprimŽ aux vŽritŽs qu'il nous rŽvle, ˆ la plupart du moins, une marque ou un signe auquel on les puisse sžrement discerner ; car elles ne sont pas d'une clartŽ mŽtaphysique ou gŽomŽtrique ; elles ne produisent pas dans notre ‰me une persuasion plus forte que les faussetŽs ; elles n'excitent point des passions que les faussetŽs n'excitent. [É] on ne peut gure consulter l'idŽe de l'ordre, sans comprendre distinctement que la seule loi que Dieu selon son infinie sagesse ait pu imposer ˆ l'homme ˆ l'Žgard de la vŽritŽ est d'aimer tout objet qui lui para”trait vŽritable, aprs avoir employŽ toutes ses lumires pour le discerner. È La conscience nous a ŽtŽ donnŽe pour la pierre de touche de la vŽritŽ.

Depuis que les protestants sont sortis de l'ƒglise romaine, on ne cesse d'objecter qu'en ruinant l'autoritŽ de l'ƒglise, ils engagent les gens ˆ n'avoir jamais une certitude lŽgitime de leur croyance. On ne peut rŽpondre absolument ˆ un tel argument : Ç Il n'est pas possible d'arriver ˆ une telle idŽe, ˆ l'Žgard de ce seul point de fait, qu'un tel passage de l'ƒcriture a ŽtŽ bien traduit, que le mot qui est aujourd'hui dans le grec ou dans l'hŽbreu y a toujours ŽtŽ, et que le sens que lui ont donnŽ les paraphrastes, les commentateurs et les traducteurs est le mme que celui de l'auteur du livre. On peut avoir une certitude morale de cela, et fondŽe sur de trs grandes probabilitŽs, mais au fond cette certitude se peut rencontrer dans l'‰me d'une infinitŽ de gens qui se trompent ; ainsi elle n'est pas un caractre certain de vŽritŽ ; ce n'est point ce qu'on appelle criterium veritatis, qui est par exemple l'Žvidence irrŽsistible avec laquelle nous connaissons que le tout est plus grand que sa partie  [É]etc.È

Mais en un autre sens les catholiques romains sont ridicules de tant presser ces difficultŽs puisqu'il leur est aussi impossible qu'ˆ nous de s'en tirer : Ç En un mot ni par l'ƒcriture, ni par la lumire naturelle, ni par l'expŽrience on ne peut conna”tre certainement que l'ƒglise est infaillible ; et si elle l'Žtait ceux qui le croient ne seraient dans un sentiment vŽritable que par un coup de hasard heureux, sans qu'ils pussent en donner aucune raison nŽcessaire, ni voir dans leur ‰me des marques de vŽritŽ qu'un autre qui voit le contraire n'en sente autant ; car tout ce que verrait dans son ‰me le papiste, serait un sentiment de conviction  qui lui donnerait un grand repos d'esprit, et une grande pitiŽ, haine ou mŽpris pour ceux qui enseignent le contraire ; or tout cela se peut rencontrer dans l'‰me de ceux-ci ; ils ne peuvent donc l'assurer les uns et les autres que de ce qu'ils sentent intŽrieurement, c'est ˆ savoir, qu'ils sont persuadŽs les uns que l'ƒglise est infaillible, les autres qu'elle ne l'est pas. È nous sommes obligŽs d'avoir les mmes Žgards pour la vŽritŽ putative que pour la vŽritŽ rŽelle. Toutes les objections sur la difficultŽ de l'examen disparaissent alors comme de vains fant™mes. Dieu se contente que les hommes aiment ce qui leur para”tra vrai.

AbsurditŽ de reprocher aux hommes leur aveuglement volontaire, de dire que les erreurs viennent de la corruption du cÏur. Les catholiques nous font une injustice grossires en nous imputant de renoncer ˆ la transsubstantiation par un principe de corruption ; nous faisons une injustice aux sociniens en prŽtendant qu'ils ne voient pas la TrinitŽ dans l'ƒcriture par un principe de corruption Ç car de quoi ce nouveau dogme les chargerait ? En seraient-ils plus gnŽs en leur conscience lorsqu'ils tomberaient dans le crime ? En oseraient-ils moins se dispenser d'obŽir ˆ Dieu, et de rŽsister aux tentations de la chair et du monde. È

Ce qu'on peut dire de plus raisonnable est que les prŽjugŽs de l'Žducation empchent de trouver dans l'ƒcriture ce qui y est, mais comme la plupart des hommes doivent leur religion ˆ leur ŽducationÉ

Ç On voit donc, si on y fait attention, que dans l'Žtat o est tombŽ le genre humain, Žtat de division entre plusieurs religions gŽnŽrales, dont chacune est subdivisŽe en plusieurs sectes qui s'entre anathŽmisent, ce serait jeter les gens dans le dŽsespoir, et dans l'impossibilitŽ de leur salut que de leur dire qu'ils ne sont pas obligŽs de suivre ce qu'ils croient tre vrai, qu'on avoue que ce qui est vrai lorsqu'il le para”t ne se distingue point par aucune marque de ce qui n'est pas vrai lorsqu'il le para”t, mais que nŽanmoins on est obligŽ ˆ peine de la damnation Žternelle de suivre ce qui est vrai, encore qu'il ne le paraisse pas, et de rejeter ce qui est faux encore qu'il paraisse vrai. È